Résumé
Ce travail vise à montrer ce qu’une évaluation psychosociale peut apporter à lacompréhension de la subjectivité de la qualité de vie (QDV) des patients infectés par le VIH.Les analyses se sont appuyées sur les données de la cohorte APROCO-COPILOTE, incluantdes patients infectés par le VIH initiant une multithérapie antirétrovirale. Ces nouvellesthérapies ont engendré, pour de nombreux patients, un type particulier d’effet indésirable : leslipodystrophies qui se caractérisent par des troubles de répartition de la masse graisseuse.L’objectif de ce travail est de déterminer les liens entre l’apparition de ce type d’effetsindésirables et la QDV des personnes infectées par le VIH en distinguant selon qu’il s’agissed’hommes ou de femmes. Les analyses effectuées sur un échantillon de 706 patients(ANCOVA) mettent en évidence un impact important mais différent des effets indésirables detype lipodystrophies sur la QDV et cela selon le type d’atteinte : lipodystrophie(accumulation) ou lipoatrophie (absence de graisse) et le sexe de la personne touchée. Ilapparaît que, ajustée sur les caractéristiques socio-démographiques et psychosociales, la QDVdes femmes est davantage affectée par les lipodystrophies alors que pour les hommes il s’agitavant tout des lipoatrophies. Ces résultats, interprétés au regard de la théorie corporo-sociopsychologique,montrent les implications déterminantes de ces effets indésirables quant à laQDV des patients infectés par le VIH. L’analyse des données empiriques a permis de mettreen évidence l’ancrage sociétal de l’évaluation de la QDV de par le rôle de l’entourage social,des soignants et du contexte social.