Abstract
Position du problème :La prévalence du surpoids se développe significativement à travers le monde. Les adolescents présentant une déficience intellectuelle comptent parmi les populations les plus affectées par cette épidémie. Toutefois, à l’heure actuelle, aucune étude en France ne s’est intéressée à cette problématique. L’objectif de ce travail est donc d’étudier la prévalence du surpoids chez les préadolescents, adolescents et jeunes adultes présentant une déficience intellectuelle scolarisés dans un institut médicoéducatif (IME).Méthodes :Un échantillon composé de 420 sujets présentant une déficience intellectuelle, français, âgés de 11 à 21 ans, a été constitué. Un questionnaire d’enquête épidémiologique a été élaboré spécifiquement pour ce travail et diffusé au sein de 14 IME du Sud-est de la France. Il consistait à recueillir les caractéristiques des participants suivantes : âge, sexe, niveau de déficience intellectuelle, psychopathologie, anomalie génétique et traitement médicamenteux. Les seuils internationaux pour adolescents de l’« International Obesity Task Force » (IOTF) et pour adultes de l’Organisation mondiale de la santé, basés sur l’indice de masse corporelle, furent retenus pour définir la préobésité et l’obésité. Les données ont été analysées à l’aide de tests de Student, d’analyses de variance et de tests de Khi2.Résultats :La prévalence de surpoids représente 30,2 % de l’échantillon, dont 9,5 % d’obésité. Une analyse plus approfondie des caractéristiques de l’échantillon met en évidence que : les filles sont significativement plus préobèses que les garçons ; les sujets porteurs d’une anomalie génétique de type trisomie 21 sont significativement plus obèses que les sujets sans anomalie génétique ; les sujets sous traitement psychopharmacologique sont significativement plus obèses que ceux n’en prenant pas ; aucune différence significative de prévalence n’a été trouvée selon le niveau de déficience intellectuelle des participants et la présence ou non de troubles envahissants du développement.Conclusion :La problématique du surpoids reste préoccupante chez les personnes présentant une déficience intellectuelle scolarisées en IME. En effet, les prévalences observées dans cette étude sont nettement supérieures à celles observées en population générale. À long terme, ce phénomène risque de constituer un véritable facteur limitatif de l’inclusion et de la participation sociale (par exemple, scolarisation) de cette population.