Résumé
Une nouvelle interprétation climatique des changements de végétation reconnus à La Grande Pile est proposée. Elle repose sur la prise en considération de l'influence quasi exclusive des fluctuations de températures automnales et printanières sur le cycle végétatif de la plupart des plantes holarctiques.
Les modalités actuelles de ce contrôle sont relevées à partir des réponses phénologiques des plantes aux modifications latitudinales et altitudinales de ces photothermopériodes. Ces réponses, enregistrées par l'intermédiaire des émissions polliniques atmosphériques produites le long d'un transect européen entre 36° et 68° de latitude, nous servent de modèle bioclimatique actuel.
A la lumière des mécanismes en jeu, nous suggérons dans ce travail que les changements cycliques de végétation qui se sont produits au cours du dernier cycle climatique pourraient avoir été principalement déterminés par les variations de l'insolation de l'automne et du printemps liées au cycle de précession des équinoxes.
La méthode d'investigation quantitative utilisée est basée sur les rapports d'abondance établis entre des couples de taxons sélectionnés en fonction de leur réponse actuelle aux modifications climatiques latitudinales.
A new climatic interpretation of the changes in the vegetation recognized at La Grande Pile is proposed, based on the exclusive influence of the fluctuations of the autumn and spring temperatures on the vegetative cycle of the holarctic plants.
The present modes of this control are defined according to the phenological responses of the plants to the latitudinal and altitudinal changes of the photothermoperiods. These responses are recorded through the atmospheric pollen emissions collected along a European transect between 36° and 68° latitude north, and they are used as a present bioclimatic model.
Considering the mechanisms involved, we show that cyclic changes of the vegetation which occurred during the last climatic cycle could have been related to seasonal variations of the insolation linked to the cycle of the precession of the equinoxes.
The quantitative study used in this work is based on abundance ratios defined between selected taxa according to their present response to latitudinal climate variation.