Abstract
Les progrès dans le dépistage précoce et les thérapeutiques ont fait basculer en quelques décennies la prise en charge de cancers d’un modèle de préparation optimale à la fin de vie à celui d’accompagnement d’une maladie chronique. Cette évolution accélère le développement des soins de support dans deux directions, d’une part vers le meilleur accompagnement possible de la fin de vie à cause d’un cancer avancé (soins palliatifs) et d’autre part vers la limitation des toxicités et séquelles des traitements de cancers moins graves, la prévention des récidives et le retour à une vie la plus normale possible (soins pour l’après cancer). Si les soins palliatifs bénéficient désormais d’une légitimité et d’un socle réglementaire solides en France, ce n’est pas encore le cas des soins de support. Leur contenu et leur organisation diffèrent selon l’établissement, le choix des cliniciens et les préférences des patients. Des réseaux sociaux et les médias véhiculent des messages qui brouillent les pratiques fondées sur la science. Cet article vise à faire le point sur les leviers et les freins de cette mise en place.