Résumé
En France, plusieurs groupes d'individus concurrents (pieds-noirs, anciens combattants...) militent pour la conversion de leur mémoire en histoire officielle auprès des pouvoirs publics. La politisation des enjeux mémoriels peut être abordée à travers l'action ininterrompue des militants associatifs pieds-noirs, qui adoptent une posture victimaire. L'existence d'un tel " groupe circonstanciel " reposant sur une mémoire de la souffrance, le succès de certaines revendications (indemnisation, lois d'amnistie des généraux " putschistes ", loi " mémorielle " du 23 février 2005) n'épuise pas la mobilisation. Dès lors, il est possible de comprendre les enjeux associés au travail de " contre-expertise historienne " menée au sein de certaines associations de rapatriés : la contribution à la ré-écriture d'une histoire des pieds-noirs qui existeraient depuis la conquête de l'Algérie, et seraient définis comme une population de pionniers qui domestiquent une terre vierge ( la tradition pionnière ), autorise de penser un groupe homogène au delà des multiples clivages qui le traversent.