Résumé
Objectif Étudier la relation entre la mauvaise qualité du sommeil (QS), la somnolence diurne excessive (SDE), les plaintes d’insomnie, l’usage d’hypnotiques et la survenue de démence (tout type confondu, maladie d’Alzheimer (MA), démence à composante vasculaire (DCV)) sur un suivi de 12 ans.
Les analyses ont été réalisées sur 6851 participants (≥65 ans) non déments à l’inclusion, recrutés en population générale dans la cohorte des 3 Cités. Un interrogatoire structuré et des auto-questionnaires ont été utilisés pour évaluer les plaintes de sommeil et la prise d’hypnotiques à l’inclusion. Au cours du suivi, les cas incidents de démence ont été systématiquement dépistés et diagnostiqués. Des modèles de Cox multivariés ont permis d’estimer le risque de démence associé aux différentes plaintes du sommeil considéré individuellement et globalement (score de sévérité composite).
Après ajustement sur les caractéristiques sociodémographiques, le mode de vie, l’APOE-ɛ4, les facteurs cardiovasculaires et le statut dépressif, la SDE était associée à un risque accru de 21 % de démence tout type confondu (IC95 %=1,01-1,46) et de 58 % de DCV (IC95 %=1,07-2,32). L’utilisation d’hypnotiques était associée à un risque plus élevé de démence tout type confondu et, plus spécifiquement à la MA (HR=1,28 ; IC95 %=1,04-1,58). Une interaction avec le diabète a été détectée. Aucune association n’a été trouvée pour la QS, les plaintes d’insomnie, ou le score composite de sévérité.
Les résultats suggèrent un rôle délétère de la SDE et de l’utilisation d’hypnotiques sur le risque de démence chez le sujet âgé.