Abstract
La moitié de la surface du département de la Lozère est occupée par la forêt dont 50% environ proviennent de plantations de pins noirs, le reste étant le développement spontané du pin sylvestre. De fait l'extension du pin sylvestre est un phénomène récent. Il est en partie le résultat de la mise en oeuvre d'un modèle agricole moderne qui se traduit par l'abandon de terres marginales, plus particulièrement dans les moyennes montagnes et dans les zones méditerranéennes où le pin sylvestre va se développer naturellement. L'agriculture des zones à fortes contraintes, doit maintenant composer avec cet élément qui n'étonne pas tant par sa nouveauté, que dans son caractère conquérant et difficile à maîtriser dans le contexte économique et social actuel. Ce modèle agricole et ses effets différenciés dans l'espace et dans le temps sont liés en grande partie à l'évolution de la politique agricole. Mais dans un espace rural où les agriculteurs ne sont plus majoritaires, les acteurs se disant concernés se révèlent être nombreux, divers et de mieux en mieux organisés pour peser sur les dynamiques de ces types de territoire. La concertation entre ces différents acteurs et la recherche de cohérence entre les politiques publiques appliquées aux problèmes de gestion de l'espace demeurent essentielles pour une meilleure maîtrise de l'occupation des terres, notamment par le pin sylvestre. La mise au point d'outil d'aide à la négociation constitue un enjeu important pour la recherche en sciences sociales.