Abstract
L’élection en 2020 de Louis Aliot à la mairie de Perpignan, qu’il présente comme la première alternance depuis 1957 à l’hégémonie municipale de la droite, induit trois changements (Giband et al. 2021). Le paysage politique local est d’abord profondément redessiné. Longtemps dominée par des équilibres droite/gauche (la droite contrôlant la ville et la gauche le département), la scène municipale oppose désormais un Rassemblement national (RN) majoritaire à une droite et un centre-droit morcelés et rivaux. Quant à la gauche, ne siégeant plus au conseil municipal, minoritaire au conseil de la Métropole, sa voix, hormis au conseil départemental, est quasi inaudible. Les changements sont ensuite à chercher dans les rapports entre l’État et la ville. L’élection d’un maire RN à Perpignan inquiète l’État et ses représentants locaux quant à la poursuite de dispositifs précédemment engagés, notamment dans les quartiers populaires (programme de rénovation urbaine, cité éducative, contrat de ville). Enfin, si cette élection a été vue comme un épiphénomène – le RN a réalisé une prise de taille, mais ce fut la seule –, c’est aussi pour le RN l’opportunité de faire de Perpignan un laboratoire municipal. Le nouveau maire annonçait ainsi vouloir « faire de Perpignan et des Pyrénées-Orientales le fer de lance de la reconquête nationale du RN ».