Résumé
Depuis sa mort en 1993, Pablo Escobar n’a cessé d’inspirer des artistes par-delà les frontières géographiques, linguistiques et de genre. Du roman à la chanson, en passant par les arts plastiques et le cinéma, cet article propose un état des lieux des œuvres représentant le capo à travers le monde, et invite à réfléchir à la survivance de sa figure à travers l’art : est-elle liée à l’homme lui-même, héros légendaire, et donc intemporel et transfrontalier, ou au contraire à des imaginaires qui, selon les lieux et les époques, recréent le personnage ? Doit-on voir là une forme de transculturalité, et dans ce cas, quels sont les aspects qui fédèrent des publics de continents et d’histoire différents ? Peut-on parler de franchissement d’une frontière morale pour ces artistes qui ont choisi de représenter le monstre qui a si longtemps mis la Colombie à feu et à sang ?