Résumé
L’hyperglycémie chronique induit un stress oxydant impliqué dans la pathogénie des complications vasculaires du diabète. Nos objectifs étaient d’analyser, chez des patients diabétiques de type 2 (DT2) mal contrôlés sous antidiabétiques oraux (ADO), l’expression d’une enzyme clé du stress oxydant, la NADPH oxydase (NADPHox), et sa régulation après correction rapide de l’hyperglycémie.
L’expression des transcrits de deux sous-unités de la NADPHox, p22
phox (membranaire) et p47
phox(cytosolique), a été étudiée par Q-PCR (Lightcycler-Roche) dans des monocytes isolés de patients non diabétiques (ND, n = 6), DT2 contrôlés sous ADO (C, n = 6) et DT2 non contrôlés sous ADO (NC, n = 12). Dans ce dernier groupe, l’expression a été évaluée avant (J0) et après trois jours (J3) d’insulinothérapie IV normalisant la glycémie. L’expression des transcrits a été normalisée par la β-2-microglobuline.
Les patients des groupes C et NC sont âgés de 56,4 ± 7,9 et 64,0 ± 4,5 ans, ont un DT2 connu depuis 8,3 ± 2,9 et 9,1 ± 3,3 ans et présentent une HbA1c de 7,1 ± 0,4 % et 10,26 ± 1,0 %, respectivement. Dans les monocytes, les niveaux d’expression de la p47
phox sont : 2,14 ± 0,83 (ND) ; 2,57 ± 1,16 (C) ; 3,52 ± 1,86 (NC, J0). Nous observons une tendance à l’augmentation non significative de l’expression de la p47
phox dans le groupe NC à J0
vs. ND et C. En revanche, pour la p22
phox, aucune différence d’expression n’est constatée entre les groupes. Dans le groupe NC, après normalisation des glycémies (J3), nous observons une diminution significative de l’expression de la p47
phox: 2,57 ± 1,58
vs. 3,52 ± 1,86 (p < 0,05) sans variation significative de l’expression de la p22
phox.
Nos résultats montrent une tendance à l’augmentation de l’expression de la p47
phox de la NADPHox chez des patients DT2 en hyperglycémie chronique et une diminution significative de cette expression lors de la correction rapide de l’hyperglycémie par une insulinothérapie IV. Ces variations d’expression, à confirmer dans des populations plus importantes, sont en faveur de la gluco-dépendance du stress oxydant dans le DT2, et suggèrent la possibilité de sa suppression rapide lors de la correction glycémique par l’insuline.