Résumé
L'aptitude dont fait preuve l'ordre juridique européen à résister à la pression des langues s'expliquerait par la spécificité d'un droit que la faible teneur historique rendrait en quelque sorte " désincarné ". Cette hypothèse, fondée sur le mythe de la transparence de la traduction et puisant dans les ressources du rationalisme juridique, rencontre cependant de sérieuses limites : l'existence de termes intraduisibles sur fond de pluralité linguistique, à défaut de faire éclater l'ordre normatif européen, l'a soumis au désordre dû à l'influence déterminante du langage sur le droit. Reproduced by permission of Bibliothèque de Sciences Po