Résumé
Depuis la découverte de la crise de salinité messinienne dans les années 70, le scénario proposant une chute importante du niveau marin associé à la mise en place des évaporites dans les plaines abyssales de la Méditerranée est régulièrement remis en cause. Nous montrons que la surface d'érosion affectant l'ensemble des marges est en effet liée à une émersion que l'on peut suivre à terre. Les observations présentées à terre s'attachent aux zones d'interfluves en dehors des bassins évaporitiques périphériques, là où la surface d'érosion messinienne n'a pas été étudiée : autour de l'île d'Ibiza dans les Baléares et autour d'Orosei sur la marge est-sarde. La surface d'érosion messinienne y est mise en évidence pour la première fois. Les données de sismique haute résolution récemment acquises dans ces deux zones nous permettent de présenter des corrélations terre-mer. Des évènements marquant clairement une continentalisation caractérisent la limite Mio-Pliocène dans les deux régions et atteste une phase régressive que l'on peut suivre des paléo-plateformes continentales à terre aux pentes du domaine offshore. Ces observations apportent des éléments pour étayer un scénario de la crise avec un bas niveau marin et des bassins évaporitiques à différentes paléo-bathymétries, possiblement déconnectés les uns des autres.