Abstract
Les incendies sont souvent porteurs de fausses représentations en Méditerranée. Contrairement à beaucoup d’idées reçues, la plupart des feux sont d’origine humaine et s’inscrivent dans des pratiques agricoles traditionnelles, soumises à de multiples contrôles et interdictions. Le « grand incendie » peut-il être caractérisé par l’environnement dans lequel il s’inscrit, son mode de propagation, l’étendue des « dégâts » qu’il peut causer, ou bien doit-il être pensé comme une « respiration » de l’écosystème, aussi bien que des cultures agricoles, nécessaire à leur bon fonctionnement ? Les débats font rage sur ces questions qui emportent de nombreux enjeux économiques et politiques. Bien que la rhétorique des « crises » revienne régulièrement sur le devant de la scène, les incendies s’inscrivent donc dans une forme de « banalité » factuelle qu’il convient d’analyser. La présente étude se fonde sur le traitement d’une base de données-image issue des deux capteurs MODIS (Terra et Aqua) au cours des années 2000-2013. La couverture géographique embrasse l’ensemble du bassin méditerranéen. L’objectif de l’analyse est de proposer un regard circonstancié sur le phénomène des « grands » incendies par une mise en contexte politique et géographique du « problème ».