Abstract
La fermeture en 2003 de l’usine électrométallurgique d’Auzat marque en Vicdessos (Pyrénées ariégeoises, France) la fin d’un siècle d’histoire industrielle. Le choix politique volontariste d’une reconversion, fondée sur le tourisme et sur le déploiement d’une gamme diversifiée d’activités récréatives de pleine nature (partie I), a été soutenu par une communication territoriale cohérente autour du concept novateur de « station sport nature » (partie II). Un travail complexe de remodelage de l’identité du territoire a été engagé dans le même temps pour enrichir l’image touristique mais aussi pour conforter l’adhésion de la population locale à un projet en rupture avec la prospérité industrielle révolue (partie III). Cette double démarche, qui s’inscrit dans une stratégie touristique commune associant le Vicdessos au Tarasconnais voisin, repose ainsi sur la mise en ressource du paysage de montagne et sur la valorisation sélective de certains éléments du patrimoine local. Ce volet « patrimonial » de la stratégie s’adresse autant aux résidents et aux nombreux résidents secondaires qu’aux touristes stricto sensu : en témoigne la manière dont la mise en patrimoine de l’ère industrielle s’est accompagnée de l’effacement rapide de son empreinte matérielle dans le paysage (destruction de l’usine), le basculement vers le mode de la reconstruction mémorielle ayant été regardé comme un moyen de mieux tourner la page de l’ère industrielle.