Résumé
La ventilation mécanique est un élément clé de la prise en charge anesthésique et réanimatoire, visant à assurer des échanges gazeux adéquats lorsque la ventilation spontanée est compromise. Les recherches en physiologie de la ventilation soulignent des stratégies protectrices pour le poumon et le diaphragme. La recherche continue à avancer dans la définition plus précise de la ventilation protectrice pulmonaire. Les concepts récents de pression motrice et de puissance mécanique aident à évaluer la contrainte imposée au poumon pour adapter les réglages. Des outils de monitorage de précision sont évalués pour guider la ventilation protectrice et améliorer le rapport recrutement/surdistension, comme la manométrie œsophagienne et la tomographie à impédance électrique. La prise en compte d’une ventilation protectrice s’étend désormais au maintien de la fonction diaphragmatique. L’atrophie musculaire respiratoire, favorisée par une forte sédation et une ventilation contrôlée prolongée, complique le sevrage. L’ajustement précoce à un mode assisté et la personnalisation sont des pistes prometteuses pour préserver la contractilité diaphragmatique. La neurostimulation diaphragmatique, encore peu évaluée, apparaît comme une alternative potentielle pour générer un travail musculaire bénéfique tout en assurant une ventilation efficace même en ventilation contrôlée. Enfin, certaines populations comme les patients atteint d’obésité ou les femmes présentent des particularités physiologiques nécessitant une adaptation de la ventilation. L’avenir de la ventilation mécanique réside ainsi dans une approche de plus en plus personnalisée, alliant mesures physiologiques et l’optimisation simultanée de la protection pulmonaire et diaphragmatique. Cette personnalisation guidera les futures pratiques en anesthésie, réanimation et médecine périopératoire.