Résumé
Mieux appréhender la fréquentation de loisir des forêts publiques en région Sud : apports d’unecollaboration entre l’ONF et Avignon UniversitéL’enquête nationale forêt-société réalisée en 2015 a confirmé le caractère massif de la fréquentation des forêtsfrançaises par le public, avec 8 Français sur 10 qui sont allés en forêt au moins une fois en 2015, pour un nombretotal de visites qui se situe pour le territoire métropolitain autour d’un milliard par an. Compte tenu de lanotoriété de bon nombre d’entre elles, ainsi que des aménagements spécifiques qu’elles offrent (parkings,routes forestières, panneaux d’information…), les forêts publiques se trouvent à l’évidence particulièrementmises à contribution par cette fréquentation récréative. Les traits principaux en sont connus : fréquentation deproximité avant tout, d’autant plus régulière que les visiteurs viennent en voisins, principalement pour marcher– mais beaucoup d’autres activités sont aussi relevées par les études. L’augmentation du nombre des visiteursdepuis un demi-siècle est allée de pair avec la reconnaissance croissante de cette fonction sociale récréative parles gestionnaires, même s’ils la subissent davantage qu’ils ne la souhaitent ou ne l’encouragent. Les enjeuxsont multiples – gestion des flux et des impacts, chiffrage des coûts mais aussi de la valeur économique induite–, et renforcent le besoin de connaissances, à la fois qualitatives et quantitatives, à différentes échelles (Francemétropolitaine, régions, massifs). Dès 2007, en partenariat avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Officenational des forêts (ONF) a ainsi engagé l’élaboration d’un observatoire de la fréquentation en forêt, dans lecadre duquel s’inscrit la convention pluriannuelle d’étude établie entre l’ONF et le master GEOTER(Géomatique et conduite de projets territoriaux) d’Avignon Université (2016-2019). Les travaux réalisés ontarticulé des études à grande échelle sur certains massifs, et une approche géomatique d’échelle régionale, quitire parti de la disponibilité des nombreuses données géolocalisées et des capacités de stockage et d’analysedes Systèmes d’information géographique (SIG), pour conduire une sorte de « géomarketing de la forêt » : lesarticles de ce dossier présentent certains des résultats issus de ces ateliers.