Résumé
La chronostratigraphie des dépôts pléistocènes et holocènes de la pointe du Médoc à L’Amélie a été révisée lors de travaux d’archéologie préventive à l’occasion de la réfection d’un enrochement protégeant la station balnéaire. Ces travaux ont montré une plus grande complexité des dépôts pléistocènes qu’initialement attendu. Ils comprennent à la base une séquence de dépôts ("Argiles du Gurp" : silts laminés, argile verte, tourbe sableuse à souches d’arbres) témoignant d’un environnement estuarien subtidal à supratidal rapportés au haut niveau marin du Stade Isotopique Marin (SIM 11 ; Holsteinien). Ces dépôts sont incisés par un chenal fluviatile/deltaïque en fin d’interglaciaire, puis recouverts par des sables éoliens datés du SIM 10. L’ensemble est recouvert en discordance par des colluvions sablo-graveleuses. Les dépôts éoliens holocènes colmatent un vallon creusé dans les formations pléistocènes et indiquent une arrivée tardive des dunes dans le secteur, à la fin de l’Antiquité. La synthèse des résultats obtenus sur la pointe du Médoc montre que plusieurs générations de dépôts estuariens sont emboitées, indiquant une migration progressive de l’estuaire de la Gironde vers le nord. Seuls quelques hauts niveaux marins sont enregistrés (SIM 1, SIM 9, SIM 11, Gélasien, Plaisancien), sans doute à la fois en raison d’une élévation de la mer similaire ou supérieure à celle de l’Holocène et d’une préservation des dépôts pendant les périodes d’incision de la vallée.