Résumé
Description du sujet : Au Maroc, le développement d’une agriculture intensive dans le cadre du « Plan Maroc Vert » induira très probablement l’émergence de pathologies végétales, dont des nématoses. Dans le cas de l’olivier, la majorité des pépiniéristes utilisent des substrats constitués de sols d'origine indigène potentiellement contaminés en nématodes phytoparasites (NPP) et en champignons nématophages (CNP). Objectifs : Le but de ce travail était de pouvoir évaluer la co-occurrence des NPP et des CNP dans les substrats ainsi que le potentiel antagoniste des CNP. Méthode : La diversité des genres de NPP et de CNP a été caractérisée dans 305 échantillons de substrats prélevés dans 25 pépinières d'oliviers. L'activité fonctionnelle (nématicide et enzymatique) des CNP a été évaluée.Résultats : Une grande diversité de NPP a été détectée, dont les 10 espèces les plus pathogènes à l’échelle mondiale. Les substrats se sont avérés riches en CNP qui diffèrent par leur activité prédatrice. L’analyse des communautés a révélé une partition nette entre NPP et CNP dans les substrats, confirmant l’antagonisme proie-prédateur. De plus, les patrons de NPP et de CNP dépendent de la stratégie trophique des CNP (saprophytes vs parasites obligatoires) et du mode d’antagonisme (prédation vs toxicité) impliqués. Mais les souches de CNP les plus performantes (croissance, sporulation, activité enzymatique) n'étaient pas forcément les plus efficaces contre les NPP. Par conséquent, la prédation et la compétition pourraient être un processus d'adaptation permettant au CNP de surmonter le stress environnemental et d'exploiter des sources nutritives alternatives ou supplémentaires.Conclusions : L'utilisation des CNP indigènes offre des perspectives pour le développement de stratégies de gestion microbiologique des NPP respectueuses de l’environnement.