Résumé
La présente étude propose d’estimer l’influence du climat, de l’eustatisme et de la tectonique locale sur la sédimentation d’un bassin marginal à la transition syn-rift – post-rift. Pour cela, des mesures paléomagnétiques ont été effectuées sur une succession sédimentaire marno-calcaire marine d’âge Oligocène supérieur à Miocène inférieur localisée sur la marge septentrionale du bassin liguro-provençal. L’enregistrement magnéto-stratigraphique a été daté par une biostratigraphie basée sur les nannofossiles calcaires et les foraminifères planctoniques [Oudet et al., 2010]. Ensuite, cet enregistrement a été corrélé à l’échelle de polarité géomagnétique de référence [ATNTS04, Lourens et al., 2004]. Le modèle d’âge résultant montre que la succession sédimentaire de 100 m d’épaisseur couvre 5 millions d’années du Chattien supérieur au Burdigalien inférieur. Malgré trois surfaces d’émersion et un changement de taux de sédimentation, aucun hiatus majeur de sédimentation n’est observé. De plus, nous avons estimé l’évolution paléoenvironnementale le long de la succession sédimentaire. En comparant les reconstitutions paléoenvironnementales datées avec les courbes globales de d18O et du niveau marin global [Miller et al., 2005], nous mettons en évidence que la succession de Carry-le-Rouet est une excellente archive paléoclimatique. En effet, les récifs coralliaires se sont développés à la transition glaciaire-interglaciaire marquant la fin de l’Oligocène. De plus, les récifs coralliaires les plus diversifiés se développent durant la période la plus chaude de l’Aquitanien. Pendant le rifting, les variations bathymétriques enregistrées dans la succession étudiée sont attribuées à la tectonique locale, alors que durant la phase post-rift, les changements du niveau marin relatif influencent la sédimentation. Ce résultat permet de caractériser et de dater précisément le passage syn-rift post-rift à 20,35 Ma