Résumé
La forte croissance démographique en Afrique de l’Ouest sub-saharienne et l’expansion associée des zones cultivées ont induit dans certains secteurs une augmentation de la recharge via le réseau de drainage, conduisant à une hausse piézométrique. Afin d’estimer les modifications de la recharge diffuse, la teneur en eau et le potentiel hydrique matriciel ont été enregistrés sur la période 2009-2010, et une modélisation utilisant le code Hydrus-1D a été réalisée sur deux sites dans le Sud-Ouest du Niger : (1) terres en jachère et (2) cultures pluviales de millet. Les résultats du suivi dans les premiers 10 m de la zone non saturée ont induit une augmentation de la teneur en eau et du potentiel hydrique matriciel à plus grande profondeur sous cultures pluviales (>2.5 m) que sous terres en jachère (≤1.0 m). Les simulations indiquent que la conversion de terres en jachère en terres cultivées non irriguées (1) augmente le stockage de l’eau dans la zone vadose et (2) devrait augmenter le flux de drainage (∼25 mm/an) à 10 m de profondeur avec un temps de transit de 30 à 60 ans. Par conséquent, les augmentations régionales observées du stockage de l’eau dans l’aquifère peuvent de plus en plus résulter de la recharge diffuse, qui pourrait compenser, au moins en partie, les diminutions de niveau piézométrique dues à l’expansion des surfaces irriguées; et ainsi, contribuer à atténuer les crises alimentaires au Sahel.