Résumé
Nous avons mené une enquête auprès d’acteurs impliqués dans la formation des futurs enseignants dans quatre Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Éducation (INSPÉ) du sud de la France, à partir d’un questionnaire en ligne sur la place de l’interculturel dans les enseignements. Les résultats montrent que cette notion d’interculturel est peu mise en œuvre. Sa connaissance se borne souvent à une représentation qui se proposerait comme une solution miracle à la diversité des classes sans réellement proposer de pratiques concrètes, ou bien comme une notion floue qui s’ajouterait à des programmes déjà surchargés. Par ailleurs, dans les disciplines identifiées comme signifiantes (histoire-géographie-EMC et français), celles qui pourraient héberger le plus les contenus interculturels (histoire, français), sont dans le même temps « politiques » en tant que véhicule d’une morale publique et freinent l’intégration de la notion d’interculturel et des pratiques qui y sont liées.