Résumé
Depuis le milieu du XIXe siècle, la vigne est confrontée en Europe à un ensemble de parasites introduits d’Amérique du Nord, qui ont occasionné une véritable révolution culturale à savoir l’instauration du greffage comme méthode quasi universelle de multiplication, mais également la nécessité d’appliquer à la plante une protection phytosanitaire pratiquement permanente. Coût économique, impact sur l’environnement, risques pour la santé des producteurs et des consommateurs ont motivé la recherche de solutions alternatives, parmi lesquelles la recherche de variétés résistantes a été certainement la plus constante et la plus porteuse d’espoirs. L’exemple de la vigne présente un intérêt capital. C’est historiquement la première culture importante qui ait été menacée d’extinction par trois crises successives, Oïdium (1850), Phylloxera (1865), Mildiou (1878) et sauvée par l’usage complémentaire de la résistance variétale et de la lutte chimique. Le succès partiel, puis l’échec des premiers hybrides illustre cependant un principe de base à ne jamais oublier : « Une variété résistante ne pourra remplacer une variété traditionnelle que si, en productivité et en qualité, elle lui est égale ou supérieure, même en l’absence de maladie »