Résumé
This article addresses the tensions within French Chambers of Agriculture between elected officials and the Chambers’ employees concerning the qualification of climate adaptation solutions. Adopting an instrument-based approach, this research examines how adaptation, initially promoted through climate services by Chambers’ employees, evolves into a politically contested issue. The study draws on qualitative interviews and institutional documentation to understand the redefinition of adaptation solutions, highlighting the opposition between, on one hand, climate services supported by some agents and, on the other hand, the irrigation, crop insurance, and varietal selection measures advocated by FNSEA’s elected officials. The article reveals that, in the face of FNSEA’s politicization of climate issues, climate services are marginalized within the Chambers of Agriculture. These tensions highlight the limitations of agents’ actions in comparison to those of elected officials and the impact of politicization strategies on adaptation instruments prioritized by the Chambers of Agriculture, while reflecting the historical tensions inherent in the institutionalization process of agricultural consular bodies.
Les tensions entre salariés et élus dans la politisation des solutions d'adaptation climatique : la climatisation des Chambres d'agriculture au prisme de ses instruments Résumé Cet article aborde les tensions entre élus et salariés au sein des Chambres d'agriculture françaises autour de la qualification des solutions d'adaptation climatique. En s'appuyant sur l'approche par les instruments, la recherche examine comment l'adaptation, promue à travers les services climatiques par les salariés des Chambres d'agriculture, devient un enjeu de politisation. L'article mobilise des entretiens qualitatifs et de la documentation institutionnelle aux échelles nationale, régionale et départementale pour comprendre la redéfinition des solutions d'adaptation. Il souligne l'opposition entre, d'un côté, les services climatiques portés par certains agents et, de l'autre, les mesures d'irrigation, d'assurance récolte, et de sélection variétale promues par les élus de la FNSEA. L'article révèle que, face à la dépolitisation par la FNSEA de la question climatique, les services climatiques sont marginalisés au sein des Chambres d'agriculture. Ces tensions mettent en avant les limites de l'action des agents face aux élus et le poids des processus de dépolitisation dans la sélection des instruments d'adaptation par les Chambres d'agriculture, et reflètent des tensions historiques inhérentes au processus d'institutionnalisation des organismes consulaires agricoles.