Abstract
L’état puis la dynamique de la diversité variétale du taro (Colocasia esculenta (L.) Schott) sont appréhendés dans un village du Vanuatu. Si les différentes disciplines scientifiques s’accordent sur l’identité d’un cultivar, elles ne s’entendent pas sur la valeur de l’agrobiodiversité. L’anthropologue et l’agronome se réjouiront du nombre de noms et de morphotypes, alors que le généticien ne pourra que déplorer une faible base génétique. La diversité biologique du taro ne repose pas que sur les mutations somatiques, mais aussi sur l’incorporation de plants issus de graines. En les capturant et en les multipliant, les agriculteurs valorisent une importante agrobiodiversité qu’ils « maintiennent » dynamique. Pour soutenir le rythme des innovations locales face à des flux d’informations et de matériels toujours plus rapides et globaux, les scientifiques peuvent, par exemple, aider les agriculteurs à protéger le taro de la menace du Phytophtora colocasiae, en développant des méthodes de sélection, voire d’amélioration, participatives.