Résumé
L’objectif de notre étude était d’évaluer et de comparer, dans la chirurgie de la rhizarthrose du pouce, la correction de l’instabilité métacarpo-phalangienne confinant au pouce en Z après prothèse trapézo-métacarpienne (PTM) et après trapézectomie ligamentoplastie (TL). Il s’agit d’une évaluation prospective chez 69 patients d’âge moyen 63 ans (42 à 79) avec 41 PTM et 28 TL, divisés, selon le degré d’hyper-extension métacarpo-phalangienne préopératoire <10°, entre 10° et 30°, supérieur à 30°. Une évaluation prospective était réalisée (douleur, mobilités trapézo-métacarpiennes et métacarpo-phalangienne actives, score de Kapandji et forces palmo-digitale et pollici-digitale). Le QuickDASH a été évalué au dernier recul. L’analyse radiographique permettait une mesure de la hauteur de la première colonne sous la forme d’un ratio préopératoire et postopératoire. Le recul moyen était de 20 mois (6 à 38). Le groupe PTM montrait une meilleure réduction de l’hyper-extension métacarpo-phalangienne dans tous les groupes avec hyperextension supérieure à 10° et en particulier dans celui hyper-extension >30° comparativement aux TL (p=0,012 et p=0,002 respectivement). L’hyper-extension métacarpo-phalangienne dynamique, lors de la mesure de force pollici-digitale, était respectivement en moyenne supérieure de 6,6° et 10,6° à l’hyper-extension active pour les groupes PTM et TL (p=0,148). L’amélioration de la force pollici-digitale était en moyenne supérieure à 0,8kg/F dans le groupe PTM comparé au groupe TL (p=0,033). Cette tendance en faveur du groupe PTM était notée dans tous les groupes, mais était plus marquée pour le groupe sans hyper-extension (+1,5kg/F, p=0,030). L’analyse radiographique de la longueur de la colonne du pouce montrait un allongement constant après PTM augmentant avec le degré d’hyperextension préopératoire et toujours un raccourcissement après TL (p<0,001). L’instabilité métacarpo-phalangienne apparaît comme un facteur pronostique péjoratif dans le traitement chirurgical de la rhizarthrose lorsqu’elle n’est pas prise en charge. Les prothèses trapézo-métcarpiennes procurent une meilleure stabilisation métacarpo-phalangienne, de part, la restauration de la longueur de la première colonne. Leur utilisation permettrait donc de s’affranchir d’un geste chirurgical sur l’articulation métacarpo-phalangienne. L’hyperextension métacapo-phalangienne doit faire partie des critères de choix entre TL et PTM dans le cadre de la chirurgie de la rhizarthrose. Dans ce cas, les PTM apportent plus de stabilité et tendent vers une meilleure force.