Résumé
Aux périphéries de la métropole dakaroise, les projets publics et privés d'aménagement et de lotissements suscitent des mobilisations collectives inéditescontre les dépossessions foncières qu'ils induisent. Étudiant trois cas voisins mais contrastés, cet article interroge les déterminants des conflits et les conditions desmobilisations à partir d'une analyse fine des configurations territoriales au sein desquelles ces conflits se cristallisent. Les membres des collectifs étudiés mettent enavant différents enjeux de justice sociale : distributive (perte de moyens d'existence ; absence d'accès aux futurs logements), intergénérationnelle (devenir des jeunes sansterre) et procédurale (contestation de modes d'intervention de l'État qui ignore leurs droits fonciers). Ils cherchent à médiatiser le conflit pour obtenir un arbitrage politiqueet un abandon des projets ou, au moins, des indemnisations acceptables. Pour autant, ces mobilisations n'ont pas - encore ? - dépassé les oppositions locales pourrevendiquer collectivement une reconnaissance légale des droits fonciers de tous les citoyens.