Résumé
Cet article examine les investissements dans les ouvrages en eaux dites « non conventionnelles » dans un bassin transfrontalier entre l'Algérie et la Tunisie. Il repose sur une étude comparatiste et multiscalaire des politiques hydriques afin d'interroger les discours qui promeuvent ces techniques comme un moyen novateur pour répondre à la baisse des disponibilités en eau liée au changement climatique. L'article montre que ces ouvrages ne sont pas nouveaux et se superposent aux régimes sociotechniques précédents reposant sur d'importantes extractions d'eaux douces. Cette hybridation sociotechnique, observée en particulier dans le bassin d'El Kebir, témoigne d'une augmentation de la pression sur les nappes, qui menace la durabilité des hydrosystèmes.