Résumé
Résumé La faible place accordée aux questions de santé dans l’offre politique est régulièrement dénoncée alors même qu’il s’agit d’une préoccupation saillante pour les électeurs et électrices. Pour expliquer le décalage, l’article mobilise une grille de lecture néo-institutionnaliste montrant comment les choix faits en 1927, 1945 et 1958 ont défini une configuration d’acteurs et un système symbolique qui, par un effet d’hystérèse, entretiennent le faible intérêt des élus et des organisations partisanes. Le réinvestissement par l’État de ses fonctions régaliennes en la matière semble donc conjuguer technocratisation par le haut et dépolitisation par le bas. En conclusion, l’article propose quelques pistes de recherche pour éclairer les relations compliquées entre santé et vie politique et propose une ouverture comparative pour mieux cerner le poids des institutions politiques et sectorielles dans le processus de politisation (ou de non-politisation) de ces questions.