Résumé
L'étude des débuts de la justice de paix dans le canton de Givors permet de confirmer le lien étroit entre les hommes de loi sous l'Ancien Régime et les premiers juges de paix. En effet, deux notaires issus de la même famille ont successivement été élus juges de paix en 1790 et en 1792. Mais un décret de la convention nationale interdisant le cumul entre ces deux fonctions a contraint le second juge de paix du canton de Givors à abandonner son activité de notaire. Il est vrai que dans certains cas, la frontière entre les deux activités était difficile à déterminer, ce qui n'altère en rien le bilan largement positif qui peut-être dressé sur la justice de paix du canton de Givors. Les premiers juges de paix de ce canton ont en effet répondu aux attentes des citoyens et des constituants. A travers le jugement des affaires civiles, les actes extrajudiciaires et surtout la conciliation, qui sont les trois missions imposées aux juges de paix par la loi des 16-24 août 1790, le canton de Givors renvoie l'image d'une justice paternelle, domestique, proche des justiciables et rendue en équité. Cette justice de proximité a également su s'adapter à un contexte économique et social particulier : celui du passage d'une société rurale et traditionnelle à une société marquée par le développement de l'industrie et de nouvelles activités économiques. The study of the first steps regarding the justice of peace in the canton of Givors enables the confirmation of the close link between the jurists before 1789 and the first conciliation magistrates. Indeed, two notaries from the same family were successively elected conciliation magistrates in 1790 and 1792. But a decree of the National Convention prohibiting the plurality of theses offices constrained the second conciliation magistrate of the canton of Givors to renounce his notarial function. It is true that in certain cases it was difficult to draw the line between the two functions, but this in no way affects the positive results of the justice of peace in canton of Givors. Indeed, the first conciliation magistrates of this canton came up to the citizen's and the Constituent Assembly member's expectations. The judgements of the civil cases, the extra judicial acts and above all the conciliation which are the three missions imposed on the conciliation magistrates by the law of the 16th-24th August 1790 reveal the canton of Givors as being one of a fair, paternal and domestic justice which is closely associated to the ordinary individual. This justice which is close to the citizens adapted itself to a special economic and social context : changing itself from a rural and traditional society to one marked by the development of new industrial and economic activities.