Abstract
La participation locale à la pérennité du système : telle est en résumé la fonction principale de cette instance de contrôle que sont les comités de quartier mis en place à partir de 1991. Verrouillant l’expression du politique, ils constituent aussi un lieu de marquage du pouvoir territorial, de conscientisation à l’ordre moral « nouveau », le tout dans une rhétorique constante autour du « citoyen » tunisien. La description de ce lieu de contrôle montre comment prend racine l’expression du pouvoir selon le successeur de Bourguiba. Elle ouvre aussi sur une compréhension des mécanismes du « faire avec » longtemps perçu comme incontournable y compris par des opposants -discrets- au régime. Ce faisant, ces comités de quartier apparaissent aussi comme les lieux inattendus de l’apprentissage de la démocratie, malgré ses promoteurs.