Résumé
A la fin du XVIIIe siècle, avant l'arrivée des Européens en Polynésie française, la culture traditionnelle entretenait un lien étroit avec la nature, en faveur de la protection de l’environnement. Au travers des mythes, les oiseaux avaient un statut sacré, celui de dieu ou de messager. Au fil du temps, ce lien culturel s’est étiolé et les traditions tendent à disparaître ; ce qui a des répercussions sur le patrimoine naturel et culturel polynésien. Depuis, la Polynésie française, collectivité d'Outre-mer, s’est dotée d’une compétence propre en matière d’environnement. Cependant, l’objectif de protection des espèces avicoles dans le territoire polynésien dépasse les enjeux environnementaux. Il relève également d’un enjeu de préservation et de protection du patrimoine culturel immatériel, qui tient à la place de l’oiseau dans les mythes et la culture traditionnelle. A l’heure de la mondialisation, l’application de concepts, tels que ceux de patrimonialisation, de développement durable, est essentiellement de nature économique, voire marketing. Or, la compréhension d’un territoire nécessite de prendre en compte le domaine de l’irrationnel.