Abstract
En Islam, le sujet est, par définition, totalement soumis à la volonté divine dont le message a été transmis au monde par le Prophète Mahomet, et dont les normes intangibles doivent être rigoureusement respectées. Ces normes sont exclusivement dogmatique et constituent la loi islamique ou shari’a dans laquelle l’initiative personnelle semblerait limitée au sens où on l’entend en Occident. Toutefois, des penseurs musulmans comme Ali Merad, Mohamed Arkoun et Malek Chebel s’attachent à démontrer qu’il existe dans l’Islam des éléments de droit qui offrent au sujet musulman de plus grands espaces de liberté, en refusant la logique du fondamentalisme et en adoptant un discours plus libéral. Ils proposent une relecture diachronique du Coran, tout en s’attachant aux objectifs les plus significatifs de la révélation, les plus en rapport avec l’ontologie du sujet ; autrement dit, intégrer l’Islam dans la modernité sans en altérer l’essence. Abdennour Badir suggère un « self islam » dans lequel le sujet est totalement libéré et décomplexé.