Abstract
Les auteurs mettent à l’épreuve de la psychothérapie de groupe l’hypothèse qu’une qualité d’espace particulière – la qualité thymique – pourrait re-créer, chez le patient cérébro-lésé, le sentiment d’exister avec autrui optimalisant, au final, sa prise en charge psychothérapeutique. Pour situer conceptuellement leur propos, ils rappellent brièvement les avancées majeures élaborées sur la relation d’objet par la psychologie clinique d’orientation psychanalytique et sur la relation homme-monde par la psychologie clinique d’orientation phénoménologique. Puis ils dégagent la valeur constituante du concept phénoménologique d’espace thymique (Binswanger, 1932) pour le procès de la subjectivation en l’articulant au modèle psychanalytique de la vie relationnelle et en le mettant en œuvre dans un atelier d’expression par le corps et par la voix avec des patients désorientés après une lésion cérébrale. Ceci les conduit à nuancer l’idée, souvent exprimée en psychopathologie, que la désorientation du patient cérébro-lésé se rapporte à une spatialité homogène, géométrique, pragmatique, souvent abordée du seul point de vue de l’espace orienté.