Résumé
Cet article propose une revue de question concernant le concept de domaine vital chez les mammifères terrestres. Les aspects sociaux liés à ce concept ne sont cependant pas abordés dans cet article qui se focalise essentiellement sur les aspects spatio-temporels et énergétiques. La relation empirique qu'on a pu établir entre la taille du domaine vital et les besoins énergétiques de l'animal y résidant, en fonction de ses caractéristiques spécifiques (masse corporelle, régime alimentaire) y est d'abord examinée. Une importance particulière est accordée à la distribution spatiale de l'activité sur le domaine vital, tant du point de vue empirique que de celui théorique des modèles qui ont été développés pour formaliser cette distribution. La distribution du marquage olfactif sur le domaine vital, et son rôle dans le maintien de la sédentarité sont également examinés. Le degré d'optimalité avec lequel un mammifère peut exploiter les ressources de son domaine vital est brièvement abordé dans le cadre de la théorie de l'approvisionnement optimal, dans la mesure où il apparaît que ce problème majeur est d'une trop grande complexité pour être formalisé de manière rigoureuse avec les modèles dont on dispose actuellement. Enfin, une dernière partie envisage en détail les mécanismes que les mammifères pourraient utiliser pour s'orienter dans leur domaine vital. En particulier, l'hypothèse populaire selon laquelle ce type d'orientation reposerait sur une carte cognitive globale du domaine vital est loin d'être prouvée, et une analyse parcimonieuse de la question indique qu'il n'est nullement nécessaire de recourir à une telle hypothèse.