Résumé
La carence en vitamine D (VD) est associée au risque de sclérose en plaques (SEP) et d’activité de la maladie. Les résultats des études de supplémentation en VD sont contradictoires.
Évaluer l’efficacité du cholécalciférol à fortes doses en monothérapie pour réduire l’activité de la SEP chez les patients présentant un syndrome cliniquement isolé (SCI)
D-lay MS est un essai multicentrique randomisé en double aveugle contre placebo, testant l’efficacité et la sécurité du cholécalciférol 100 000 UI en monothérapie toutes les deux semaines pendant 24 mois, pour réduire l’activité de la SEP (poussée et/ou activité IRM). Les patients de 18 à 55ans, avec un SCI<90jours, et une IRM évocatrice de SEP ont été randomisés (1:1). Une évaluation clinique, biologique et une IRM cérébrale et médullaire ont été réalisées à l’inclusion, à 3, 12, et 24 mois, et en cas de poussée.
La population de 303 patients était représentative de la SEP récurrente rémittente débutante (34ans, 70 % de femmes, un tiers de NORB). Pendant le suivi, une activité (nouvelle lésion T2, prise de contraste, ou poussée) fut observée chez 94 patients (60,3 %) dans le groupe VD et 109 patients (74,1 %) dans le groupe placebo (HR=0,66 [IC95 % : 0,50–0,87], p=0,004). Les résultats étaient similaires chez les 247 patients remplissant les critères de McDonald 2017. Aucun événement indésirable grave lié à la VD n’a été observé.
La VD à fortes doses réduit l’activité de la maladie après un premier évènement démyélinisant typique de SEP, surtout chez les patients avec des taux de VD faible, absence de lésion médullaire et absence d’obésité. L’impact de l’évolution du taux de VD au cours de l’étude sur l’évolution de la SEP sera présenté pour mieux définir les objectifs de traitement.
Le cholécalciférol par voie orale à 100 000 UI tous les 15jours est bien toléré et réduit l’activité de la SEP au stade précoce, soutenant le traitement par VD à haute dose à l’échelle de la population.