Résumé
Dès son origine (1939), le camp militaire Joffre bâti sur la commune de Rivesaltes en Roussillon a été un lieu de regroupement de populations mises à l’écart. Réfugiés espagnols, Européens juifs, collaborateurs, prisonniers de guerre allemands, harkis, immigrés clandestins, etc., sont autant de groupes divers qui se sont succédé sur ce lieu, jusqu’au déménagement en 2007 du centre de rétention administrative. La succession des occupations correspond à des adaptations conjoncturelles mais renvoie à une structure tant géopolitique (il s’agit d’un carrefour européen de 1939 à 1948, méditerranéen de 1952 à 2007) que socio-historique (l’ostracisme de catégories d’individus trouvant sa place dans l’économie des rapports entre État et société).