Abstract
Le développement de l’ère industrielle associé à son cortège de pollutions atmosphériques etnotamment de soufre anthropique a fait oublier, jusqu’à très récemment, que le soufre est un mésoélémentimportant qui entre dans la chaîne alimentaire grâce aux végétaux. Les retombéesatmosphériques de soufre ont, en effet, très longtemps couvert les besoins en intrants soufrés de laplupart des plantes cultivées. Depuis les années 1980, les importantes mesures d’épuration desfumées industrielles, notamment en Europe, ont conduit à une baisse très significative de ces« intrants gratuits » en soufre, jusqu’à faire apparaître des symptômes de carence en soufre chez lesplantes les plus exigeantes, comme les Brassicacées. Le soufre retrouve maintenant sa place dansles plans de fumures, y compris des espèces moins exigeantes, comme les céréales. En termecognitif, nul doute que cela a stimulé la communauté scientifique des végétalistes pour combler leretard qu’elle avait - par rapport au nitrate - dans ses connaissances, tant agro-physiologiques,fonctionnelles, génétiques que moléculaires, des mécanismes impliqués dans le transport du sulfatedans la plante et de sa transformation métabolique. Ces connaissances fonctionnelles intégratives auniveau de la plante entière, et l’encouragement de leurs transferts par des efforts detransdisciplinarité contribueront à une meilleure gestion des intrants pour une production agricolede qualité.