Abstract
Sous l’eau, la visibilité est le plus souvent limitée. Chacun peut en faire l’expérience. En bord de mer ou sur les berges d’un lac, il suffit de mettre la tête sous l’eau pour se rendre compte de l’inadaptation de l’œil humain à ce milieu. Or, au-delà de cette difficulté purement biologique, à laquelle pallient à présent masques et lunettes de plongée, l’eau est elle-même souvent trouble, teintée par de multiples particules en suspension ou agitée sous l’effet des courants, de la météo. À travers les documentaires animaliers, les photographies scientifiques ou même certains films de fiction, le monde subaquatique offre pourtant généralement une toute autre image : celle d’une eau limpide aux horizons lointains. Jusqu’aux profondes abysses, ce territoire prend des allures d’oasis regorgeant de vie parmi des paysages tantôt charmants, tantôt effrayants, mais au relief toujours impressionnant. À travers des exemples autant tirés des champs de l’art et de la littérature que de celui des sciences, cet article n’a d’autre ambition que d’aborder les origines et la nature de ces représentations a priori à rebours de la réalité.