Résumé
Un tour d’horizon de la documentation issue d’un siècle et demi de recherches sur l’architecture des remparts protohistoriques de l’Aveyron permet de dresser un utile bilan sur un sujet longtemps éclipsé par d’autres thèmes plus porteurs. À la lumière d’opérationsrécentes, parfois d’envergure, comme sur l’enceinte du Puech de Mus et éclairant souvent des données plus anciennes, nombre d’aspects de l’architecture de ces premières fortifications peuvent être précisés. Bien des fouilles restent toutefois à mener pour disposer d’un corpus représentatif. Au Premier et au début du Second âge du Fer (VIIIe-IVe s. av. J.- C.), peut-être même dès le Bronze final IIIb, les ouvrages, parfois très élaborés, sont le plus souvent à poutrage interne. Ils se rattachent clairement à l’orbe celtique, malgré la proximité du domaine méditerranéen. Il faut ensuite attendre les deux derniers siècles avant notre ère pour retrouver des informations cependant plus indigentes. Sans surprise, la dichotomie observée dans l’organisation du territoire rutène, de part et d’autre de la rivière Tarn, se confirme dans la mise en oeuvre des fortifications : remparts massifs et fossés pour le vaste oppidum celtique de Montmerlhe et la seconde enceinte du Mont Seigne au nord, ouvrage en gros appareil en pierre sèche d’influence méridionale pour le second rempart de l’éperon barré de La Granède au sud.