Résumé
Cet article rend compte de l’apport de la Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) à la gestion de l’érosion côtière. L’analyse de l’évolution des politiques de gestion de l’érosion fait ressortir trois logiques. Après des ouvrages lourds axés sur la gestion des effets locaux, la prise de conscience de la complexité des phénomènes naturels et anthropiques conduit à tenir compte des interdépendances à travers des schémas stratégiques régionaux définissant des cellules sédimentaires. Enfin, la prise en compte des enjeux nécessite d’intégrer les représentations des acteurs et les dispositifs de gouvernance. Les modalités pratiques d’application de la GIZC à l’érosion sont ensuite abordées en insistant sur leur caractère progressif, adaptatif et concerté. Les auteurs soulignent l’intérêt des pratiques reposant sur des accords volontaires, qui pourraient se décliner par des guides de bonnes pratiques et par des actions en faveur d’un tourisme durable respectueux de la capacité de charge des plages. Il s’agit aussi de définir un espace de gouvernance cohérent évitant d’éventuels effets domino dans la répartition des pressions et des usages entre territoires. Une illustration est proposée avec l’exemple des plages de Villeneuve-lès-Maguelone dans l’Hérault. Très exposé à l’érosion, ce site fait l’objet d’un projet de gestion intégrée mené par le Département de l’Hérault, dans le cadre du projet européen INTERREG III-C Sud BEACHMED-e. Cette application montre notamment l’intérêt conjoint de raisonner à l’échelle globale de la cellule sédimentaire et du territoire ainsi qu’à celle plus fine distinguant plusieurs secteurs pour intégrer les particularismes et adapter les scénarios.