Résumé
Issu d’une anthropologie de la poésie orale réunionnaise, cet article propose une analyse comparative des performances, des discours et de l’iconographie du slamet du fonnkèr, un genre qui s’inscrit dans la tradition orale créole. Leurs branchementslinguistiques démontrent l’influence de l’idéologie monolingue qui traverse le slam,produit dans une Francophonie laissant peu de place à la diversité. Ils éclairent aussides logiques de résistance à l’oeuvre dans le fonnkèr, qui tente de rendre visible lalangue créole. Les branchements territoriaux mettent en lumière les opérationsmimétiques dont usent l’un et l’autre, dans une négociation entre globalisation etcultures périphériques, fait urbain et écopoétique, modernité et historicisation de lacréolité. Ces deux genres témoignent des rapports de force qui traversent la sociétéréunionnaise, dont le passé colonial continue à orienter les agencements entre tendances hégémoniques et ouverture à la pluralité.