Résumé
Dans les plaines irriguées d’Afrique du Nord, la durabilité des ressources productives est soumise à de multiples menaces liées au modèle productiviste dominant, à savoir l’agriculture irriguée. Ces menaces–telles que la dégradation des sols et l’accès inégal aux ressources, aux marchés et à l’information–incitent les agriculteurs à mobiliser des ressources naturelles en voie d’épuisement, notamment le sol et l’eau, souvent de façon non durable sur le plan environnemental. Les agriculteurs adaptent parfois leurs stratégies en mettant en œuvre des pratiques agricoles alternatives afin de maintenir leurs systèmes agricoles et leurs revenus. Un groupe de chercheurs, mené par l’unité mixte de recherche G-EAU (Montpellier, France), a cartographié et analysé ces pratiques agricoles locales présentant un potentiel agroécologique. L’approche a consisté à réaliser des observations directes combinées à 150 entretiens avec des agriculteurs dans trois grandes régions de plaines irriguées d’Afrique du Nord, à savoir les plaines de Merguellil (Tunisie), du Haut-Cheliff (Algérie) et de Saiss (Maroc). Les résultats ont montré qu’il existe–ou est en train d’émerger–un large éventail de pratiques alternatives ayant un potentiel agroécologique, contrairement au modèle prédominant d’agriculture intensive.