Résumé
Le fonctionnement des réseaux d'irrigation collectifs est de plus en plus contraint par l'introduction de nouveaux dispositifs de gestion de la ressource en eau visant à réguler leur demande. Certains réseaux collectifs s'adaptent en modifiant leur mode d'organisation pour le partage de l'eau entre irrigants, de manière à rendre l'irrigation plus flexible dans le temps. Cette étude propose d'évaluer l'impact d'un tel changement à l'échelle d'un réseau gravitaire ayant abandonné le mode de partage historique par tours d'eau. L'approche mobilise le modèle multi-agents WatASit qui, basé sur le concept d'affordance, permet d'intégrer une représentation du niveau de gestion opérationnelle durant une campagne d'irrigation. Le concept d'affordance clarifie les possibilités d'actions offertes aux acteurs. Les résultats de simulations montrent que si l'abandon du mode de partage par tours d'eau permet effectivement une augmentation des créneaux d'irrigation, il met en exergue les inégalités entre irrigants en termes de capacité et d'abandons d'irrigation. Le changement d'organisation n'impacte pas tous les irrigants de la même façon, selon la localisation, notamment en aval du réseau, et le nombre de parcelles irrigables de chacun.