Résumé
Depuis plus d'un siècle et demi, pour les effectifs scolarisés dans les universités allemandes et prussiennes, des phases de saturation et de pénurie se produisent cycliquement. Partant de ces observations, l'objet de cet article est de développer une théorie macro-économique de l'engorgement. En fait, l'auteur soutient une double hypothèse. D'une part, que le comportement des étudiants lors du choix de la filière d'enseignement dépend des gains escomptés. En effet, l'affectation des étudiants dans les différentes facultés est fonction du rendement relatif de ces dernières en matière de salaires anticipés et de débouchés dans les secteurs professionnels correspondants. Aussi, les gains escomptés par un étudiant représentent les salaires à un moment donné sur le marché du travail, qu'il considère comme durables dans le temps. D'autre part, qu'un effet d'attraction peut se manifester pour certaines filières d'enseignement lorsqu'un déficit apparaît dans les différents secteurs professionnels. Une fois le déficit comblé, l'effet d'appel continu en raison du retard dans la perception de la situation par les jeunes générations, ce qui peut conduire progressivement à une situation de surproduction relative de diplômés. De cette situation déséquilibrée, qui détourne vers d'autres filières d'enseignement les cohortes nouvelles d'étudiants, peut naître un nouveau déficit entraînant en définitive une évolution cyclique modulée selon les débouchés professionnels.