Abstract
par Cheikh Ndiaye L'écrit est un mode de communication scientifique ayant diverses finalités : protéger la propriété intellectuelle des auteurs, conserver le patrimoine mondial, diffuser la connaissance, etc. L'article de recherche en est une expression qui, selon Gibbons (1994), participe à un contrôle de frontières, opéré par les chercheurs, entre activités scientifiques et non scientifiques. En effet, la validation des connaissances scientifiques repose sur une expertise par les pairs qui en est même un principe fondamental (Callon & al., 1993). De ce fait, la revue, par son niveau d'exigence (Delignières, 2010) renforce la légitimité du savoir produit.
Profitant des mutations technologiques, la revue s'est renforcée comme outil privilégié de diffusion et valorisation des résultats scientifiques. Cela lui confère, aujourd'hui, de refléter la qualité des recherches au sein d'une institution ou sur un objet scientifique. Afin de mieux éclairer ce rôle, la bibliométrie s'est développée, notamment à la faveur d'une montée en puissance de l'évaluation scientifique. Bien que controversée, dans ce domaine, son usage pour évaluer les collections et revues reste courant chez les documentalistes.
En bouclant 30 années d'existence, la revue Études et Documents Berbères (EDB) est au centre d'interrogations. En effet, qu'est-ce qui lui a permis de s'assurer une telle longévité ? Comment a-t-elle évolué ? Qu'est-ce qui caractérise sa production ? Qui sont ses contributeurs, etc. ? Pour éclairer ces questions, nous avons eu recours à une analyse succincte des 33 numéros édités dont 4 doubles. Le corpus analysé considère l'ensemble des articles, à l'exception des chroniques, soit 347 unités produites par 182 individus. Leur examen bibliométrique livre six enseignements majeurs : 1. UNE RÉGULARITÉ DE LA PARUTION À sa création en 1986, EDB s'inscrivait dans un cadre associatif. Elle était publiée par la Boîte à Documents, également éditrice d'études sur le monde et