Résumé
La méthode hydrogéomorphologique de détermination des zones inondables a été mise au point il y a une vingtaine d'années. Son principe en est simple : les limites externes du lit majeur d'un cours d'eau constituent la courbe enveloppe des crues passées de ce cours d'eau. Ces limites externes sont déterminées par l'étude des photographies aériennes et par celle du terrain en combinant la miro-topographie (en particulier l'existence de talus), la granulométrie des dépôts (ceux du lit majeur sont généralement formés de limons et d'argiles) et la couleur de ces dépôts, souvent plus sombres dans le lit majeur que les matériaux de l'encaissant. Certaines formes de l'occupation actuelle ou ancienne des sols (parcellaire, localisation et répartition des sites archéologiques), ainsi que la localisation et la disposition des habitations et des bâtiments d'exploitation et l'implantation des voies de communication, sont également utilisées pour confirmer les limites obtenues. Très longtemps négligée, cette méthode naturaliste est maintenant intégrée dans les méthodes préconisées par les plans de prévention des risques (PPR), en raison de sa fiabilité, de sa facilité de mise en œuvre et de son faible coût. Elle figure maintenant aux côtés d'approches plus traditionnelles, en particulier de la méthode hydrologique-hydraulique nettement plus coûteuse.Les récentes et nombreuses catastrophes qui se sont succédé depuis une douzaine d'années dans le Midi méditerranéen français, de Nîmes (1988) à l'Aude (1999) ont montré, à la fois, l'insuffisance de la méthode hydrologique-hydraulique et la fiabilité de la méthode hydrogéomorphologique. Cependant, la méthode hydrogéomorphologique peut encore être perfectionnée en replaçant la période actuelle dans le cadre de l'évolution des lits majeurs durant l'Holocène, à l'échelle historique, voire pré-historique. De plus, ses limites intrinsèques, qui ne permettent de déterminer de manière précise ni la hauteur d'eau, ni la vitesse d'écoulement prises en compte pour élaborer les PPR, confirment la nécessité de mettre au point une méthode mixte, efficace et peu coûteuse si possible, pour laquelle les études sont en bonne voie.