Résumé
L’objectif de cet article est double : d’une part, revenir sur la définition du concept de forme scolaire et ses clarifications successives dans les différentes publications de Guy Vincent, en mettant en évidence les dimensions historique, sociologique et philosophique d’une telle approche. Cette analyse nous permet de souligner la signification politico-morale portée par ce concept que l’on ne peut réduire à celui de structure. D’autre part, il s’agit de montrer, en nous appuyant sur la réalité sociohistorique à laquelle renvoie ce concept, que la forme scolaire telle qu’elle s’est historiquement construite en France s’appuie sur le modèle pédagogique hérité de l’œuvre de Jean-Baptiste de la Salle. Ce modèle porté par un idéal d’homogénéité du groupe classe aura pour effet, des débuts de l’école républicaine à aujourd’hui, une très difficile prise en compte de l’hétérogénéité des élèves. Notre analyse prend appui sur l’exemple des classes à plusieurs cours, ou classes multiniveaux, longtemps mises à l’épreuve par cette forme scolaire incompatible avec la réalité de telles classes par définition hétérogènes.