Abstract
Cette contribution propose une vision diachronique des dispositifs de dispersion familiale dans la migration internationale. En milieu rural bolivien, la famille dispersée est une réalité du quotidien qui dure depuis plus de cinquante ans et qui, en même temps, connaît de profondes recompositions dans ses formes d’organisation sociale et spatiale. Le double processus de mondialisation migratoire et de féminisation des migrations contribue à une reconfiguration des territoires de vie multisitués des familles rurales et des espaces d’origine. À partir de la région rurale de Cochabamba en Bolivie, qui a fait l’objet d’enquêtes et d’observations successives étalées sur une vingtaine d’années (entre 1991 et 2011), cet article reconstitue la morphologie changeante des espaces migratoires et la complexité des agencements familiaux structurés par les liens entre origine et destination. La proposition met en lumière une certaine figure de la famille transnationale, dès lors que le dispositif de dispersion et de circulation, dans le temps long des cycles de vie, fait « système de liens et de lieux ».