Résumé
En France, la nouvelle vague de décentralisation énoncée dans la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales consacre un processus court de transfert de l'Etat à différentes configurations de collectivités territoriales, de la propriété, de l'aménagement, de l'entretien et de la gestion d'un ensemble de ports secondaires, dits d'intérêt national. A ce titre, elle introduit une renégociation du compromis entre les acteurs institutionnels encadrant la dynamique portuaire. Cette modification constitue l'objet de cet article qui s'attachera à décrypter la recomposition des équilibres fonctionnels portuaires induite par cette évolution institutionnelle. La variété des montages politiques, des acteurs et des niveaux territoriaux encadrant les ports ainsi que les nouvelles orientations des activités portuaires introduites aujourd'hui dans les projets construits progressivement par les nouvelles autorités seront plus particulièrement illustrées par l'exemple du port de Toulon qui - dans cette problématique institution/fonction - constitue un cas d'école complexe de ces nouvelles politiques publiques portuaires.