Abstract
Cette contribution a pour objectif de comprendre le fonctionnement discursif du processus de l’oubli dans les témoignages des internés du camp de Rivesaltes (1941-1942). Plus spécifiquement, elle analysera les constructions discursives et argumentatives du verbe du souvenir se rappeler à la forme négative dans le récit mémoriel. Cette étude, réalisée à l’aide du logiciel TXM et complétée par une approche discursive, a montré que le verbe se rappeler à la forme négative, souvent graduel, est utilisé par les témoins pour marquer le degré de leur(s) oubli (s). En effet, la négation est employée soit comme un acte de rejet total quand le souvenir n’existe pas ou n’a jamais existé dans la mémoire du locuteur, soit comme un acte de rejet modéré quand le souvenir est partiellement présent. Ainsi, par l’attestation de l’oubli, le locuteur renforce son statut de témoin honnête.